Polynésie Française

Des Conseils d'experts et un Comité de pilotage ont été officiellement créés, mercredi à la présidence polynésienne, dans le cadre de l'inscription de l'archipel des Marquises et du "marae" de Taputapuatea à Raiatea au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Un comité de pilotage avait déjà été créé de longue date pour l'inscription de l'archipel des Marquises, déjà présente depuis 1996 (!) sur la liste indicative de la France, qui recense les biens susceptibles d'être inscrits dans les cinq à dix ans.

Les Marquises, dont l'inscription avait pris du plomb dans l'aile de part notamment des questions d'ego des élus locaux, se trouvent maintenant dans une demande conjointe avec celle du Taputapuatea, ce qui lui retire de sa spécificité. Par ailleurs, cela va aider à ce que le classement du complexe sacré de Te Pô, incluant le marae de Taputapuatea soit effectif lui aussi.

Mais faisons fi de ces aleas de la politique qui retardent l'adoption des projets et espérons qu'enfn cette demande de classement aboutisse, ce qui serait une réelle valeur ajoutée pour les Marquises.

Lire aussi l'article de Marc Tarrats qui retrace le fiasco de la demande de classement des Marquises.

Même si le secteur du tourisme continue d'être un des piliers de l'économie polynésienne (autour de 20% du PIB), la conjoncture actuelle incite à la prudence et révèle combien ce secteur reste fragile et très dépendant de la conjoncture extérieure : coût du transport, situation financière des principaux pays d'origine des touristes, offre aérienne proposée. Heureusement que la provenance des touristes est relativement bien diversifiée, ce qui a permis de limiter -un peu- le choc lié à la chute importante de la clientèle nord-américaine.


Voici quelques données chiffrées 2008-2009 tirées des rapports de l'Institut Statistique de la Polynésie Française (www.ispf.pf) qui a publié cette semaine les données du second semestre 2009.

Contexte général : dès 2008, au niveau mondial, le tourisme a ralenti sa progression (+2% au lieu de +7% en 2007), dans un contexte instable lié à la crise financière, la hausse des cours du pétrole (et donc des transports), la fluctuation des taux de change.

Dans ce contexte peu porteur, la Polynésie accuse une baisse de 10% du nombre de touriste en 2008, à un peu moins de 200 000 visiteurs sur l'année, baisse qui se poursuit au 1er trimestre 2009 (-26,6% par rapport au 1er trimestre 2008) et au second trimestre (-23,4%).

La baisse est de 9,1% en hébergement payant en 2008 (173000 personnes) et de 15,9% pour l'hébergement chez les particuliers (23700 personnes). On observe l'effet de la hausse des coûts du transport et de la dégradation de la situation économique des ménages, surtout auprès des touristes de circuit, tourisme de circuit qui baisse de 30% par rapport à 2007.

Corrélativement à la baisse de la fréquentation, le chiffre d'affaires généré par ce secteur diminue de 9% en 2008 (à 42,5 milliards de FCFA). Vu que le tourisme représente environ 20 du PIB de la Polynésie, cette baisse d'activité représente presque 2 points de PIB, ce qui est beaucoup pour l'économie locale polynésienne.

Par type d'hébergement, en 2008 l'hôtellerie internationale a accru son offre de chambres de 2,8% alors qu'en même temps la demande a diminué de 12,2%. Par conséquent, le taux d'occupation moyen a chuté, de 57,5% en 2007 à 53,2% en 2008. En 2009, le nombre de nuitées vendues par rapport à la même période de 2008 a diminué de 24,6% au 1er trimestre et de 17,6% au second, ce qui se traduit par une diminution directe du coefficient de remplissage à seulement 45,6% (contre plus de 55% les années précédentes à la même période).

Cause ou conséquence, le trafic aérien est lui aussi en très net repli. Le nombre de personnes débarquant ou embarquant à Tahiti-Faa'a hors transit a diminué de 6,7%, en 2008, à cause en grande partie à une réduction du nombre de vols de 9% pour cette destination, en grande partie due aux réductions de vols sur Air Tahiti Nui et Air News Zealand.
En réalité la baisse du nombre de vols et de trafic est plus importante car n'est effective que progressivement au cours de l'année 2008. Si on regarde par exemple le second trimestre 2009 par rapport à celui de 2008, l'offre de sièges est en baisse de 22,7% et le nombre de passagers débarqués de 26,5%. Ces ordres de grandeur semblent mieux refléter la nouvelle réalité du trafic aérien.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le rapport 2008 :
http://www.ispf.pf/ISPF/Libraries/Points_Forts_2009/PF_2009_04_tourisme.sflb
le rapport 2009T1 :
http://www.ispf.pf/ISPF/Libraries/Te_Aveia/Te_Avei_a_2009_02.sflb
le rapport 2009T2 :
http://www.ispf.pf/ISPF/Libraries/Tourisme_2009/bord6_trim_2_2009.sflb
L'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) s'apprête à mener une vaste campagne océanographique dans les eaux de Polynésie française. A bord du navire "L'Alis", des scientifiques étudieront durant trois mois les fonds marins , recherches qui pourraient permettre de "découvrir de nouvelles espèces et fournir des molécules d'intérêt fondamental".

>>> lire l'ensemble de l'article sur tahitipresse.pf
Source Tahiti Presse

Suite à une autosaisine, les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) ont examiné et adopté, jeudi, un rapport souhaitant "mettre en lumière les véritables enjeux" des problèmes des encombrements urbains et de leurs conséquences à Tahiti, et proposer des éléments de réponse "pour relever le défi d'une mobilité durable".

- Lire l'article de www.tahitipresse.pf

- Lire le rapport du CESC
Je vous fais part d'un article de www.tahitipresse.pf que je trouve très intéressant. Voici un exemple réussi de diversification agricole :


Le président du Pays Oscar Temaru, et son ministre de l'Agriculture, Frédéric Riveta, ont visité mardi les exploitations de vanille de l'île de Tahiti. Des exploitations sous des ombrières qui permettent ainsi une meilleure production. La volonté du gouvernement est de permettre à la vanille d'être plus présente sur le marché international, pour pouvoir concurrencer peut-être un jour la vanille Bourbon de Madagascar.

La création de l'établissement de la vanille de Tahiti en 2003 avait pour but principal d'augmenter les surfaces de production et d'atteindre les 45 hectares d'ombrières sur la Polynésie française. Ce procédé est fait de structures métalliques de 1000 à 1500 m² recouvertes d'une toile pour doser l'ensoleillement (50 à 60% d'ombrage) et d'un filet de protection pour éviter l'accès des différents parasites, à l'intérieur des ombrières. Actuellement, essentiellement à cause des changements successifs de gouvernements, comme l'a concédé le président, seulement 20 hectares d'exploitations possèdent des ombrières.

"Pour la période de production de 2006 à 2008, la récolte cumulée de vanille mûre sous ombrière s'élève à près de 31 tonnes pour une valeur de plus de 130 millions de Fcfp", a constaté le ministre de l'Agriculture. Selon les estimations, la production de vanille mûre cumulée sous ombrière devrait atteindre les 295 tonnes en 2012 contre 154 tonnes pour la méthode traditionnelle.

Après s'être restaurés à la mairie de Papara, fief du député-maire Bruno Sandras, le président et le ministre ont également visité une exploitation située à Faa'a. Les propriétaires ont mis au point une technique multipliant presque par cinq la production d'un pied de vanille. Ils tiennent bien évidemment à ce que le procédé reste inconnu de tous. "Le défi pour la Polynésie est de produire beaucoup sur une petite surface", a déclaré Oscar Temaru, se réjouissant de cette nouvelle technique innovante.

Le ministre de l'Agriculture a pu constater les difficultés rencontrées par les exploitants, notamment en période de mariage des fleurs. Prochainement, une méthode simplifiée de séchage devrait être instaurée afin de faciliter le travail des agriculteurs. Oscar Temaru a d'ores et déjà fait savoir que comme pour les planteurs d'ananas à Moorea, des terres domaniales supplémentaires pourraient être mises à la disposition des agriculteurs intéressés dans le projet de la vanille sous ombrières.
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