Les élus de Saint-Barthélemy ont exprimé jeudi 8 octobre leur volonté de voir l'île de Saint-Barthélemy sortir de l'Europe et devenir Pays et Territoire d'Outre-Mer (PTOM), plutôt que de conserver le statut actuel de Région Ultrapériphérique (RUP), comme la Guadeloupe à laquelle l'île était rattachée avant son évolution statutaire en Collectivité d'Outre-Mer le 15 juillet 2007.
Ce souhait des élus de la majorité du conseil territorial va être transmis au gouvernement qui l'examinera lors du prochain conseil interministériel de l'Outre-Mer, avant d'engager le processus au niveau européen.
Elu au conseil territorial, je suis le seul à avoir voté contre cette évolution statutaire, car pour moi il n'y a aucun intérêt, et a fortiori aucune urgence à abandonner le statut actuel :
- sur le plan institutionnel, faire le choix de passer du statut de RUP en PTOM n'est pas la même chose que d'être depuis toujours un PTOM. Cela signifie une négation des valeurs portées par l'Europe : maintien de la paix, démocratie sociale, haut niveau de qualité de vie, poids diplomatique sur la scène internationale.
- sur le plan économique, le changement statutaire ne change strictement rien sur le montant des aides européennes, mais il permet potentiellement de s'écarter des règles communautaires protectrices, notamment en ce qui concerne la santé, l'environnement et les consommateurs.
- sur le plan de la politique locale, l'abandon des règles européennes donne encore plus de libertés aux institutions locales, alors qu'elles ne sont déjà pas en mesure d'appliquer les marges de manoeuvre dont elles disposent depuis leur évolution statutaire.
Mais malheureusement, une fois ce choix effectué, il sera définitif, le processus inverse étant beaucoup plus difficile à réaliser.
Dans tous les cas, il est regrettable que les élus se soient prononcés sans étude approfondie des avantages et inconvénients de ce changement. Il est regrettable aussi que la population locale n'ait pas été consultée sur ce point fondamental, comme elle l'a été en décembre 2003 pour décider de son changement de statut au regard de la France.
A l'heure où la France se mobilise avec les autres Etats européens pour aboutir à la mise en application du traité de Lisbonne, il me paraît malvenu pour la France qu'une partie de son territoire choisisse de se désolidariser de ce mouvement.








Ce jeudi 8 janvier, le
Conseil Constitutionnel a rendu sa décision concernant les projets de loi organique et ordinaire concernant l'application de l'article 25 de la Constitution, et l'élection des députés.
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