La Réunion

Cap21 Outre-Mer s'associe à la démarche de l'ARMSE (Association Réunionnaise Médicale Santé Environnement) contre l'implantation de deux incinérateurs à la Réunion : l'un à Saint-Pierre, l'autre à Saint-André.

Tout comme nous l'avons toujours soutenu pour la Guadeloupe, qui malgré tout a inscrit la possibilité d'un tel incinérateur dans son PDEDMA de l'an dernier, l'incinération est la pire des solutions pour la gestion des déchets.

Non seulement elle peut être dangereuse pour la santé,
non seulement elle crée des déchets de classe II (les refioms) qui doivent être stockés dans des conditions très drastiques,
non seulement elle est pauvre en emploi,
non seulement elle est couteuse,
mais en plus elle empêche tout développement de solutions de traitement et de valorisation alternative ! En effet, une fois créé, l'incinérateur doit absorber chaque jour son quota de déchets de façon à être rentabilisé.

Aussi, si on veut que la gestion des déchets soit une véritable filière d'emploi et de respect de l'environnement, il est indispensable d'accélérer dès maintenant le développement des filières de valorisation alternatives : compostage, méthanisation, recyclage.

Si vous aussi vous êtes inquiet ou opposé à l'incinération, ou si vous souhaitez tout simplement en savoir plus, découvrez l'action de l'ARMSE et aidez-les dans leur démarche pour faire modifier le PDEDMA avant qu'il ne soit adopté.



Article paru dans Clicanoo.com, le 13 septembre 2008

L’apparition, hier matin, d’un trémor qui “signe” habituellement l’arrivée en surface du magma a fait croire un moment aux volcanologues au début d’une éruption. Cet élément nouveau associé à un important dégazage confirme cependant la présence de magma à très faible profondeur sous le Dolomieu. Le déclenchement d’une éruption est plus que jamais d’actualité, mais son échéance reste difficile à préciser. L’alerte 1 interdisant l’accès à l’enclos a été réactivée par la préfecture.

> lire la totalité de l'article publié dans Clicanoo.com
Article provenant du journal de l'environnement

Le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo a signé mardi 8 juillet à la Réunion le premier accord territorial dit d’application outre-mer du Grenelle de l’environnement, à l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN).

Cet accord a pour effet de lancer le programme «Gerri» (Grenelle de l’environnement à la Réunion-réussir l’innovation) qui vise l’autonomie énergétique de l’île en 2025 en appliquant, comme pour le Grenelle, le principe de la réunion et de la décision à 5. Jean-Louis Borloo a indiqué que ce projet est «le développement accéléré et combiné du solaire, de la biomasse, des énergies marines, de la géothermie, de l’éolien, une nouvelle stratégie pour les déplacements, avec notamment une migration vers le tout électrique à terme... c’est faire en sorte que La Réunion soit le premier territoire à entrer dans l’ère de l’après pétrole». Selon lui, «la réussite à la Réunion doit préfigurer le succès de la France, de l’Europe et du monde dans la lutte contre le changement climatique et dans cette transition énergétique absolument fondamentale ».

L’île ne part pas de zéro en matière d’autonomie énergétique puisque, selon des chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) datant de 2007, 34% de l’électricité consommée à la Réunion est d’origine renouvelable (dont 22% d’énergie hydraulique).

Moins d'un an après sa création, le parc naturel de la Réunion à la fois voit ses chances d'être reconnu et protégé au niveau mondial, et se retrouve au coeur de la polémique.

D'une part, la Réunion a présenté un dossier de classement de certains sites au patrimoine mondial de l'UNESCO, dossier qui devrait être transmis à l'UNESCO le 9 janvier prochain et aboutir à une décision en 2009.

En même temps, le conseil d'administration du parc naturel a accepté des  forages tests dans la Plaine des Sables pour le compte de la Région, pour savoir si oui ou non il y a en cet endroit un potentiel géothermique suffisant pour implanter une usine de production électrique en ces lieux. Le hic est que le conseil scientifique du parc naturel était opposé à ces mêmes tests, entrainant l'annonce de la démission du président du conseil scientifique, René Squarzoni. Pour le moment la situation se stabilise, mais ce cas précis montre bien la difficulté du parc naturel à garantir la protection de la nature face à des enjeux externes jugés plus importants.

La mise en place d'un incinérateur à Bois-Rouge fait toujours débat à Saint-André.
J'en profite pour rappeler l'opposition de Cap21, ici comme pour ailleurs en Métropole et en Outre-Mer, à la mise en place de nouveaux incinérateurs.
En effet, ces derniers sont à la fois générateurs de dioxines et de déchets liés au retraitement des fumées qui doivent être traités comme des déchets dangereux. Sans compter la création de machefer, pour 1/4 à 1/3 du tonnage initial mis dans l'incinérateur. Aussi, nous préconisons une stratégie de réduction à la source, de traitement du déchet au plus proche de la source (compotage collectif ou individuel), de recyclage (des cartons, plastiques, verre, DEEE) et, pour tout ce qui n'a pas pu être retraité, d'une mise en Centre d'Enfouissement Technique.
Une fois débarrassées de ses matières organiques putrescibles, nos poubelles ne peuvent plus être des trous à rats, et, au final, le tonnage enfouis (70% de nos poubelles sont recyclables) est équivalent au tonnage de machefer qui auraient été produits par l'incinération, sans avoir au passage la création de déchets de classe II.
Enfin, la mise en place de telles filières a aussi l'avantage de générer de l'emploi, des sous-produits tels que du compost ou du méthane, et, de surcroît, en étant clairement visible par nos concitoyens, de les inciter à limiter leur création de déchets.

C'est pourquoi nous sommes aux côtés des réunionnais pour éviter la création d'un incinérateur sur l'île de la Réunion et pour mettre en place des solutions alternatives.

Voici l'article paru dans Clicanoo : http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=142814

CM de Saint-André : Et l’on reparle de l’incinérateur de Bois-Rouge

Le conseil municipal de Saint-André a voté, hier soir, la réalisation d’une étude de faisabilité générale pour le développement du pôle énergétique de Bois-Rouge intégrant un Centre de valorisation énergétique des déchets (CVED). Autrement dit, un incinérateur. Les deux élus communistes présents ont refusé de suivre le sénateur-maire Jean-Paul Virapoullé sur ce terrain brûlant, surtout à la veille d’importantes échéances électorales.

Rapport numéro 14 : “Plan de financement de l’étude de faisabilité générale pour l’implantation d’un CVED au pôle énergétique de Bois-Rouge”. Jean-Paul Virapoullé demande d’emblée une modification du libellé de ce dossier. “Il faut effacer le mot CVED. J’étais en Australie, je n’avais pas vu. Il s’agit en fait de l’étude de faisabilité pour l’implantation d’un pôle énergétique à Bois-Rouge”, corrige-t-il. Pourquoi cette précision ? Parce qu’il sait que les Réunionnais, à commencer par les élus, ont peur de ce mot CVED, à savoir “incinérateur”. La preuve, les élus du Sud pourtant favorables, il y a à peine deux mois, à l’implantation d’une usine d’incinération de déchets sur leur territoire, ont tout compte fait, suite à une mission en métropole, préféré décliner l’offre du gouvernement. En mettant d’ailleurs François Baroin, ministre de l’Outre-mer dans l’embarras. Les maires du Sud ont tourné la page de l’incinérateur. Plus question pour eux d’aborder ce sujet si impopulaire. Jean-Paul Virapoullé en sait quelque chose, puisqu’en 2002, un premier projet de CVED, mené par un syndicat mixte regroupant la Cinor et la Cirest, avait tout simplement capoté. Certes, il avait été annulé par le tribunal administratif de Saint-Denis pour vice de forme, mais, quelques mois auparavant, ce projet d’implantation d’un incinérateur à Bois-Rouge, à environ 200 mètres du temple tamoul Patélé-Karli, avait enflammé les esprits. À l’heure où plus personne à La Réunion n’ose évoquer ce sujet qui fâche, le sénateur-maire de Saint-André a ressorti, hier soir, lors du conseil municipal, le dossier de l’incinérateur des tiroirs de la mairie. “Mais les élus du Sud ont bien compris le danger d’une telle structure à la suite de leur mission en métropole. Ils n’en veulent plus de l’incinérateur”, lui a fait remarquer Joé Bédier (PCR), conseiller municipal de l’opposition. Réponse de Jean-Paul Virapoullé : “Les élus du Sud m’ont dit en coulisse qu’il n’y avait pas de danger pour la santé, mais qu’ils ont tout simplement peur parce qu’il y aura bientôt des élections”.

“DES NIDS À RATS, À MOUSTIQUES ET MICROBES”

Et le président de la Relève de jouer aux héros invincibles : “Moi je démarre ce projet à la veille des élections”, lance-t-il, presqu’en bombant le torse, du style “je n’ai pas peur”. En tout cas, il tient à cette étude de faisabilité qui dira si l’implantation d’un CVED est envisageable ou non sur le site de Bois-Rouge. “Les Centres d’enfouissement techniques (CET) sont dépassés. Ce sont des nids à rats, à moustiques et à microbes. Rappelez-vous des 250 morts et des 250 000 malades du chikungunya. Je ne dis pas qu’avec un incinérateur, on aurait pu éviter ce fléau sanitaire, mais ceci peut expliquer cela. On est en train de jouer à cache-cache avec la santé des gens”. Jean-Paul Virapoullé insiste : “À Issy-les-Moulineaux, à Créteil, à Fort-de-France, quasiment en centre ville, il existe un centre de traitement de déchets. Ne jouons pas les enfants gâtés !”. Le sénateur-maire de Saint-André, qui affirme en avoir déjà parlé à François Baroin, justifie encore son attachement à ce projet : “Quand j’ai vu que les élus du Sud étaient en train de se bagarrer pour des raisons bassement politiciennes, j’ai dit au préfet que Saint-André voudrait bien réfléchir à un pôle d’excellence d’énergies renouvelables et de recyclage à Bois-Rouge, tout en tenant compte des erreurs commises dans le passé. Nous le ferons en concertation avec tous les partenaires. J’ai déjà rencontré certains membres de l’association de Bois-Rouge, avant-hier soir...”. L’étude, qui devrait être financée par l’État (Jean-Paul Virapoullé avoue avoir déjà obtenu la garantie du préfet), a pour objectif d’analyser la faisabilité du développement du pôle industriel et énergétique de Bois-Rouge sur l’ensemble du périmètre situé autour des centrales thermiques, de l’usine sucrière et du temple tamoul. En sachant que cette étude devra également impérativement intégrer le projet d’incinérateur de la micro région Nord et Est. “La vocation de cette zone d’activités serait de permettre l’accueil d’unités industrielles destinées à répondre à un des enjeux majeurs pour l’avenir de La Réunion, à savoir la production d’énergie électrique. L’une des composantes prioritaires de cet objectif consistera à s’appuyer le plus possible sur les énergies renouvelables...” , a argumenté Jean-Paul Virapoullé. Une argumentation qui a laissé de marbre Éric Fruteau et Joé Bédier, les deux seuls élus présents de l’opposition. D’où la remarque de Joé Bédier en direction des Virapoullé, père et fils (Jean-Marie étant président de la Cirest) : “En théorie, vous êtes forts, mais en pratique ça ne suit pas. Vous nous parlez de pôle d’excellence de production d’énergies renouvelables et de recyclage, alors qu’à Saint-André, la commune ne dispose même pas, en 2006, de bacs jaunes pour le tri sélectif...”. Les deux élus ont voté contre l’étude de faisabilité. “Vous loupez là un rendez-vous historique en matière de santé”, leur a dit le sénateur-maire de Saint-André.

Yves Mont-Rouge

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