La mise en place d'un incinérateur à Bois-Rouge fait toujours débat à Saint-André.
J'en profite pour rappeler l'opposition de Cap21, ici comme pour ailleurs en Métropole et en Outre-Mer, à la mise en place de nouveaux incinérateurs.
En effet, ces derniers sont à la fois générateurs de dioxines et de déchets liés au retraitement des fumées qui doivent être traités comme des déchets dangereux. Sans compter la création de machefer, pour 1/4 à 1/3 du tonnage initial mis dans l'incinérateur. Aussi, nous préconisons une stratégie de réduction à la source, de traitement du déchet au plus proche de la source (compotage collectif ou individuel), de recyclage (des cartons, plastiques, verre, DEEE) et, pour tout ce qui n'a pas pu être retraité, d'une mise en Centre d'Enfouissement Technique.
Une fois débarrassées de ses matières organiques putrescibles, nos poubelles ne peuvent plus être des trous à rats, et, au final, le tonnage enfouis (70% de nos poubelles sont recyclables) est équivalent au tonnage de machefer qui auraient été produits par l'incinération, sans avoir au passage la création de déchets de classe II.
Enfin, la mise en place de telles filières a aussi l'avantage de générer de l'emploi, des sous-produits tels que du compost ou du méthane, et, de surcroît, en étant clairement visible par nos concitoyens, de les inciter à limiter leur création de déchets.
C'est pourquoi nous sommes aux côtés des réunionnais pour éviter la création d'un incinérateur sur l'île de la Réunion et pour mettre en place des solutions alternatives.
Voici l'article paru dans Clicanoo : http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=142814
CM de Saint-André : Et l’on reparle de l’incinérateur de Bois-Rouge
Le conseil municipal de Saint-André a voté, hier soir, la réalisation d’une étude de faisabilité générale pour le développement du pôle énergétique de Bois-Rouge intégrant un Centre de valorisation énergétique des déchets (CVED). Autrement dit, un incinérateur. Les deux élus communistes présents ont refusé de suivre le sénateur-maire Jean-Paul Virapoullé sur ce terrain brûlant, surtout à la veille d’importantes échéances électorales.
Rapport numéro 14 : “Plan de financement de l’étude de faisabilité générale pour l’implantation d’un CVED au pôle énergétique de Bois-Rouge”. Jean-Paul Virapoullé demande d’emblée une modification du libellé de ce dossier. “Il faut effacer le mot CVED. J’étais en Australie, je n’avais pas vu. Il s’agit en fait de l’étude de faisabilité pour l’implantation d’un pôle énergétique à Bois-Rouge”, corrige-t-il. Pourquoi cette précision ? Parce qu’il sait que les Réunionnais, à commencer par les élus, ont peur de ce mot CVED, à savoir “incinérateur”. La preuve, les élus du Sud pourtant favorables, il y a à peine deux mois, à l’implantation d’une usine d’incinération de déchets sur leur territoire, ont tout compte fait, suite à une mission en métropole, préféré décliner l’offre du gouvernement. En mettant d’ailleurs François Baroin, ministre de l’Outre-mer dans l’embarras. Les maires du Sud ont tourné la page de l’incinérateur. Plus question pour eux d’aborder ce sujet si impopulaire. Jean-Paul Virapoullé en sait quelque chose, puisqu’en 2002, un premier projet de CVED, mené par un syndicat mixte regroupant la Cinor et la Cirest, avait tout simplement capoté. Certes, il avait été annulé par le tribunal administratif de Saint-Denis pour vice de forme, mais, quelques mois auparavant, ce projet d’implantation d’un incinérateur à Bois-Rouge, à environ 200 mètres du temple tamoul Patélé-Karli, avait enflammé les esprits. À l’heure où plus personne à La Réunion n’ose évoquer ce sujet qui fâche, le sénateur-maire de Saint-André a ressorti, hier soir, lors du conseil municipal, le dossier de l’incinérateur des tiroirs de la mairie. “Mais les élus du Sud ont bien compris le danger d’une telle structure à la suite de leur mission en métropole. Ils n’en veulent plus de l’incinérateur”, lui a fait remarquer Joé Bédier (PCR), conseiller municipal de l’opposition. Réponse de Jean-Paul Virapoullé : “Les élus du Sud m’ont dit en coulisse qu’il n’y avait pas de danger pour la santé, mais qu’ils ont tout simplement peur parce qu’il y aura bientôt des élections”.
“DES NIDS À RATS, À MOUSTIQUES ET MICROBES”
Et le président de la Relève de jouer aux héros invincibles : “Moi je démarre ce projet à la veille des élections”, lance-t-il, presqu’en bombant le torse, du style “je n’ai pas peur”. En tout cas, il tient à cette étude de faisabilité qui dira si l’implantation d’un CVED est envisageable ou non sur le site de Bois-Rouge. “Les Centres d’enfouissement techniques (CET) sont dépassés. Ce sont des nids à rats, à moustiques et à microbes. Rappelez-vous des 250 morts et des 250 000 malades du chikungunya. Je ne dis pas qu’avec un incinérateur, on aurait pu éviter ce fléau sanitaire, mais ceci peut expliquer cela. On est en train de jouer à cache-cache avec la santé des gens”. Jean-Paul Virapoullé insiste : “À Issy-les-Moulineaux, à Créteil, à Fort-de-France, quasiment en centre ville, il existe un centre de traitement de déchets. Ne jouons pas les enfants gâtés !”. Le sénateur-maire de Saint-André, qui affirme en avoir déjà parlé à François Baroin, justifie encore son attachement à ce projet : “Quand j’ai vu que les élus du Sud étaient en train de se bagarrer pour des raisons bassement politiciennes, j’ai dit au préfet que Saint-André voudrait bien réfléchir à un pôle d’excellence d’énergies renouvelables et de recyclage à Bois-Rouge, tout en tenant compte des erreurs commises dans le passé. Nous le ferons en concertation avec tous les partenaires. J’ai déjà rencontré certains membres de l’association de Bois-Rouge, avant-hier soir...”. L’étude, qui devrait être financée par l’État (Jean-Paul Virapoullé avoue avoir déjà obtenu la garantie du préfet), a pour objectif d’analyser la faisabilité du développement du pôle industriel et énergétique de Bois-Rouge sur l’ensemble du périmètre situé autour des centrales thermiques, de l’usine sucrière et du temple tamoul. En sachant que cette étude devra également impérativement intégrer le projet d’incinérateur de la micro région Nord et Est. “La vocation de cette zone d’activités serait de permettre l’accueil d’unités industrielles destinées à répondre à un des enjeux majeurs pour l’avenir de La Réunion, à savoir la production d’énergie électrique. L’une des composantes prioritaires de cet objectif consistera à s’appuyer le plus possible sur les énergies renouvelables...” , a argumenté Jean-Paul Virapoullé. Une argumentation qui a laissé de marbre Éric Fruteau et Joé Bédier, les deux seuls élus présents de l’opposition. D’où la remarque de Joé Bédier en direction des Virapoullé, père et fils (Jean-Marie étant président de la Cirest) : “En théorie, vous êtes forts, mais en pratique ça ne suit pas. Vous nous parlez de pôle d’excellence de production d’énergies renouvelables et de recyclage, alors qu’à Saint-André, la commune ne dispose même pas, en 2006, de bacs jaunes pour le tri sélectif...”. Les deux élus ont voté contre l’étude de faisabilité. “Vous loupez là un rendez-vous historique en matière de santé”, leur a dit le sénateur-maire de Saint-André.
Yves Mont-Rouge
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