Les élections en Nouvelles Calédonie ont donné leur verdict. Voici la dépêche AFP des résultats :
Nouvelle-Calédonie: la droite reste majoritaire, progression des indépendantistes
NOUMÉA (AFP) — La droite non-indépendantiste reste majoritaire en Nouvelle-Calédonie après les résultats des élections provinciales de dimanche mais elle paie le prix de ses divisions, en
permettant aux indépendantistes de gagner des sièges.
Quelque 135.932 électeurs étaient appelés aux urnes pour renouveler les 76 élus des trois provinces (sud, nord et îles Loyauté), dont 54 siègent également au Congrès. Cette assemblée élit ensuite à la proportionnelle le gouvernement collégial, de ce territoire autonome.
Ce vote est crucial car il donne une idée du rapport de force qui prévaudra lors de la sortie de l'accord de Nouméa, entre 2014 et 2018, période durant laquelle un référendum d'autodétermination doit être organisé.
Très éclatée, la droite non-indépendantiste voit son nombre d'élus passer de 36 à 31 au Congrès.
Défait en 2004, le Rassemblement-UMP arrive en tête avec 13 élus mais il ne fait que profiter des divisions de la majorité sortante de l'Avenir Ensemble car tant en voix qu'en sièges, le parti est en recul.
En revanche, le score de Calédonie Ensemble, du président de la province sud, Philippe Gomes, issu de la scission de la majorité sortante, a surpris car il obtient 10 sièges.
La progression des indépendantistes, qui obtiennent 23 sièges contre 18 dans la précédente mandature, illustre à la fois la progression de cet électorat et le bénéfice tiré de la discorde à droite.
Nouveau venu sur l'échiquier, le parti travailliste, émanation du syndicat indépendantiste USTKE aux positions radicales, décroche trois fauteuils au Congrès. En revanche, le Front national, qui avait quatre élus précédemment, disparaît suite à des querelles internes.
Les jeux d'alliance sont très ouverts, notamment en raison des profondes divisions des partis de droite, et la couleur politique du prochain président du gouvernement est difficile à anticiper.
Acquise aux non-indépendantistes, la présidence de la province sud devrait revenir au RUMP, grâce à une alliance avec l'Avenir Ensemble.
Malgré un électorat en baisse, l'indépendantiste Paul Néaoutyine devrait être reconduit à la présidence de la province nord, à l'instar de Néko Hnépeune (UC indépendantiste) aux îles Loyauté.
Les nouveaux élus vont avoir à gérer d'importants transferts de compétences, tel que l'enseignement secondaire, ainsi que le prévoit l'accord de Nouméa de 1998, qui a mis sur les rails une émancipation par étape de cet archipel du Pacifique sud.
Malgré une croissance qui reste soutenue, l'île est touchée par la crise, au travers de la dégringolade des cours du nickel, dont elle détient un quart des réserves mondiales.
Afin de résoudre les profondes inégalités sociales et de lutter contre la vie chère, thèmes récurrents de la campagne, les élus devront également s'attaquer à la réforme de la fiscalité, pour sortir de "l'économie de comptoir".
La Nouvelle-Calédonie vit en paix depuis 20 ans. Cette campagne a mis en lumière une modification des enjeux désormais plus économiques et sociaux que politiques.
Unanimement, les élus locaux veulent trouver une issue pacifique à l'accord de Nouméa, sans doute en essayant de s'entendre sur une solution originale entre large autonomie et souveraineté.
En revanche, certains observateurs redoutent des troubles, si la fracture sociale, qui est aussi ethnique avec des Européens majoritairement aisés et des Océaniens défavorisés, n'est pas résorbée.
Une récente étude a révélé que le rapport entre le revenu des ménages les plus riches et celui des plus pauvres, était autour de 20, soit trois fois plus qu'en France métropolitaine.







Le collectif autochtone du Sud, mené par Rheebu Nuu
et le CNDPA, lance une série de réunions électorales en vue des provinciales. L’objectif n’a pas changé : construire une liste commune aux indépendantistes, autochtones et
« progressistes ».
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