Déchets

La route de Cayenne à St Laurent a plusieurs caractéristiques, mais celle qui me frappe le plus, c’est son état d’insalubrité. On roule le long d’une « poubelle permanente ». Pourtant, La DDE ne ménage pas ses efforts pour nettoyer plus de 200 km de trajet, mais la principale raison n’est pas là. Il s’agit bel et bien du manque de responsabilité de la part de ceux qui empruntent la RN1, et qui pensent que « c’est à tout le monde » (donc à personne !), ou que « quelqu’un » (sous entendu : quelqu’un d’autre) nettoiera certainement ce qu’ils viennent de jeter par la fenêtre de leur véhicule.

Que dire aussi de ceux qui, après un pique-nique, ou une soirée sympa sur la plage, laissent leurs déchets, bouteilles et canettes vides ? Ont-ils conscience du tort qu’ils font à la Guyane, et à son développement futur ? Savent-ils que cette plage bénéficie de l’opération « nature propre », et que des bénévoles d’associations, comme « Ne Plus Jeter » ou d’autres, ont donné du temps pour la rendre propre et belle, pour eux justement. Non, je ne suis pas fier de cette Guyane-là !

L’un des principaux atouts de la Guyane, c’est la richesse de sa biodiversité. Cette biodiversité, elle commence dans nos maisons, avec les déchets, que nous trions trop peu, et que nous jetons sans réfléchir à leur « deuxième vie possible ». Elle continue dés que nous quittons notre domicile, car l’espace que nous empruntons, s’il est « à tout le monde », n’est qu’en sursis, si nous le gâchons, par paresse ou manque de volonté. Notre comportement à tous agit sur l'état de la nature qui nous entoure.

A tous les habitants de la Guyane, je voudrais dire ceci :

Nous sommes tous le « quelqu’un » qui peut faire quelque chose pour que cela n’arrive plus. Cela commence au plus jeune âge, et c’est dans les écoles que l’action doit commencer. Mais le retard accumulé concerne les autres générations, qu'il faut sensibiliser au cadre de vie de leurs enfants et petits-enfants.

A nous tous de nous mobiliser pour faire changer les comportements.

C’est l’un des engagements que prennent les adhérents de CAP 21 pour le bien-être de la Guyane, et de ceux qui y vivent.

Pierre Kuentz - CAP 21 Guyane
Dans une vidéo, Corinne Lepage explique de nouveau toutes les bonnes raisons de ne pas recourir à l'incinération.

Eurocolombus : gérer les déchets des caraïbes

Tel est le thème de la prochaine émission Ô ma planète qui sera diffusée ce jeudi 5 février à 21h30 sur France ô.
Rediffusions : Dimanche 8/02 à 14h30 et mercredi 11/02 à 15h15
Pour voir et revoir les émissions; rendez-vous sur Ô ma planète

decharge sauvage de Sainte-Rose,Guadeloupe La Guadeloupe connaît des difficultés pour gérer ses déchets.
Chaque année ce sont 500 000 tonnes qui sont produites, dont beaucoup se retrouvent dans la nature. Pour ce qui est du recyclage et de la valorisation des déchets, un important travail reste à faire : le taux de valorisation n’atteignant même pas 3%. Cette faible quantité de matériaux à traiter complique la mise en place d’une filière spécifique de recyclage. L’idée est donc née d’établir une collaboration à l’échelle de l’arc caraïbe pour concentrer les volumes et rationaliser le traitement entre les différentes îles de la région. Ce système pourrait être développé à l’aide des fonds européens dédiés à la coopération interrégionale.

Pour débattre du sujet :

- Yves Leers, journaliste et ancien responsable de la campagne « Réduisons nos déchets » à l’ADEME.
- Marie-Anne Isler Beguin, député européen au sein du Groupe des Verts / Alliance libre européenne.
- Des étudiants de Paris VIII Vincennes - Saint Denis.

Aux universités d'été de Cap21 de 2004, Mme Pascale Coffinet, maire de Maincy, était venue nous présenter son "expérience" de pollution à la dioxine de la population de Maincy et des environs, située "sous le vent" de l'incinérateur de Melun.

Les habitants de Maincy ont été à ce point concerné que Mme le Maire avait été élue d'abord car elle était la principale opposante à cet incinérateur et à l'inertie des pouvoirs publics.

On ne peut que se féliciter qu'aujourd'hui la justice ait fait un premier pas avec la mise en examen du gestionnaire de l'usine, comme le confirme la dépêche AFP ci-dessous.

Par ailleurs, même si les normes et les techniques de filtration des fumées ont bien évolué, l'incinération est la pire des solutions à apporter à la gestion des déchets, surtout en milieu insulaire comme la Guadeloupe, pour des raisons largement évoquées sur ce blog : gestion des déchets ultimes, non valorisation matière, pénalisation des autres filières,... 

AFP - 31 10 2008

Une communauté d'agglomération de la région parisienne a été récemment mise en examen, après une pollution à la dioxine provenant d'un incinérateur, pour ne pas avoir respecté la réglementation sur les installations classées, a annoncé vendredi une source judiciaire.

L'agglomération de Melun Val-de-Seine a été mise en examen le 8 septembre pour "infraction à la législation sur les installations classées" et "mise en danger de la vie d'autrui" par la juge Anne-Marie Bellot du pôle santé publique du tribunal de Paris.

La magistrate instruit des plaintes déposées en 2003 et 2004 par la commune de Maincy, voisine de l'incinérateur et par l'Association des victimes de l'incinération et de leur environnement (Avie). Une centaine de riverains ont également saisi la justice.

"Nous nous réjouissons de cette mise en examen même s'il a fallu cinq ans pour y arriver", a déclaré à l'AFP Me Corinne Lepage, avocate de la commune, en déplorant "qu'aucune personne physique, dont les responsables de l'usine, ne soit poursuivie dans ce dossier".

Mis en service en 1974, l'incinérateur d'ordure ménagères de Vaux-le-Pénil a dû fermer en juin 2002 à la suite de relevés faisant état de rejets dans l'air de dioxines supérieurs aux normes.

Dès 1999, des travaux de mise aux normes de l'usine avaient été ordonnés par la préfecture de Melun (Seine-et-Marne). Faute de résultat, le 5 septembre 2001, le préfet avait donné six mois au syndicat intercommunal de l'agglomération pour respecter les normes sans obtenir gain de cause. Il avait alors ordonné la fermeture de l'usine.

La justice reproche au syndicat d'agglomération, gestionnaire de l'usine, de ne pas avoir réagi aux demandes de la préfecture alors que des analyses faisaient état de rejets de dioxine plus de 2.000 fois supérieurs à la norme.
Cancers et incinérateurs : l’enquête-vérité

>> lire l'article de Bakchich.info
>> lire l'étude réalisée par l'INVS

C’est une bombe, mais à retardement : l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS), a mis en ligne discrètement, le 27 mars, les résultats inquiétants d’une enquête très fouillée sur les risques accrus de cancers pour les populations ayant vécu près d’un incinérateur d’ordures ménagères. Le constat est accablant : il y a davantage de cas…

Même si depuis l'époque à laquelle l'étude a été réalisée les normes d'émissions de dioxine et particules fines ont été rendues plus drastiques, cette étude officielle n'est pas pour rassurer nos concitoyens, à l'heure où la Guadeloupe envisage la création d'un incinérateur.

Cap21 rappelle son opposition farouche à l'installation d'un incinérateur en Guadeloupe, qui non seulement ferait courir des risques à la population, mais contribuerait aussi à tuer dans l'oeuf les autres filières de traitement des ordures ménagères et les efforts de réduction des déchets à la source.
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