Chlordecone

Un rapport, remis en juin et rendu public ces derniers jours, indique que les dangers de la chlordecone ont été ignorés, négligés, sous la pression des grands planteurs.

"Comment la Commission des toxiques a-t-elle pu ignorer les signaux d'alerte mentionnés précédemment : les données sur les risques avérés publiées dans de nombreux rapports aux Etats-Unis, le classement du chlordécone dans le groupe des cancérigènes potentiels, les données sur l'accumulation de cette molécule dans l'environnement aux Antilles françaises ?", se demande Pierre-benoît Joly, l'auteur du rapport.

Ce document apporte un éclairage sur le système d'autorisation qui confirme la non gestion du risque par les autorités agricoles de l'époque.

 

télécharger le rapport de Pierre-Benoît Joly

 

Reste que pour le moment la population doit continuer de vivre avec un haut degré de contamination individuel et devra gérer les risques d'absorption de produits contaminés pendant des siècles.

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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 16:45

L'unité 625 de l'INSERM et le service d'urologie du CHU de Pointe-à-Pitre ont rendu les conclusions de l'étude Karuprostate.

Chlordecone-impact sur le cancer de la prostate Cette étude conclut au fait que l'exposition à la chlordécone est associée à un risque accru de survenance du cancer de la prostate : le risque est multiplié par 1,8 pour toute personne ayant une concentration en chlordécone dans le sang supérieure à 1µg/l.
Le risque est par ailleurs accru pour les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate, ainsi que chez les individus ayant résidé dans un pays occidental.

L'importance de cette étude est de montrer que le risque de survenance accrue du cancer de la prostate est lié non seulement à la manipulation du produit (par les planteurs de bananes) mais aussi à la consommation de produits contaminés. Le risque est donc présent pour encore plusieurs siècles, pour toute la population, et on doit adapter notre comportement à cette réalité.

Par ailleurs, lorsque nous avions porté plainte contre la décision prise par l'AFFSA en octobre 2005 d'autoriser la consommation de produits pollués en-deça d'un certain seuil, nous avions mentionné entre autre le fait que les études sanitaires, dont la présente étude Karuprostate, n'avaient pas donné leurs conclusions. Et que donc dans l'absence de conclusion, il valait mieux appliquer le principe de précaution et rester sur l'interdiction totale de consommation de produits contaminés, interdiction qui était alors en vigueur. Malheureusement le recul nous confirme que nous avions raison d'être inquiets, d'autant que la contamination par le chlordécone est cumulative : la molécule se stocke dans les graisses et a une durée de vie dans le corps de plusieurs années.

 

Aussi, nous préconisons toujours comme en 2005 :

- un dépistage volontaire du taux de contamination des Guadeloupéens et des Martiniquais, pour rassurer ceux qui sont peu contaminés et inciter ceux qui le sont davantage à être encore plus vigilants

- une information permanente de la population, notamment les jeunes femmes, car la chlordécone se transmet en partie dans le corps du foetus lorsqu'elles sont enceintes, puis ensuite se concentre dans le lait maternel (Cf. étude Ti Moun)

 

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 22:40

Dans un article plus général (http://www.montraykreyol.org/spip.php?article3848), Raphaêl Confiant revient sur son expérience et ses actions dans le scandale de la pollution au chlordécone.
Il y rappelle notamment l'absence d'intérêt des parlementaires ultramarins sur cette question. Pour compléter son propos, Cap21 était présent à la présentation du livre de Raphaël Confiant et Louis Boutrin, car actifs sur le sujet : notre demande d'annulation de la décision d'octobre 2005 prise par l'Etat d'autoriser la consommation de produits pollués venait d'être rejetée par le Conseil d'Etat, et ce uniquement au motif qu'un parti politique n'avait pas compétence à s'intéresser à cette question !
C'est pourquoi nous sommes impatients que les plaintes examinées en ce moment fassent la lumière sur ce qui s'est réellement passé et engagent l'Etat à prendre les mesures nécessaires pour limiter les risques sanitaires pour la population et à assumer sa responsabilité pour les dégâts sanitaires et agricoles causés par cette pollution.

Voici l'extrait de l'article de Confiant :

Au siècle suivant, avec Louis Boutrin, j’ai écrit un livre dénonçant l’empoisonnement des terres martiniquaises par les planteurs békés : «Chronique d’un empoisonnement annoncé» aux éditions L’Harmattan, cela en février 2007. Boutrin et moi avons même organisé une conférence de presse dans l’enceinte de l’Assemblée nationale française pour y présenter notre ouvrage et nous n’avons trouvés à nos côtés que…Corinne Lepage (droite écologiste) et Alain Lipietz (gauche écologiste). Pas un député, comment dit-on déjà, ah oui, député d’Outre-mer, n’est venu nous apporter son soutien. Et l’on sait bien que c’est notre ouvrage, paru en février 2007, qui a alerté la grande presse française et qui l’a poussé à s’intéresser au problème en septembre 2007.

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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 03:05
Article paru dans Le Monde du 24 juin 2009 :

Les Antilles ne sont pas les seuls territoires contaminés par le chlordécone, un polluant extrêmement persistant, soupçonné d'être cancérigène, employé comme pesticide dans les plantations de bananiers en Guadeloupe et en Martinique entre 1981 et 1993. Au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), la sénatrice Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) et le député Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) présentent mercredi 24 juin un rapport dans lequel ils retracent, pour la première fois, le parcours du "chlordécone perdue".
Selon les informations des rapporteurs, quelque 1 600 tonnes ont été produites aux Etats-Unis entre 1958 et 1976. La fabrication a ensuite été interdite, les ouvriers et les riverains des sites de production présentant des atteintes neurologiques graves. Environ 200 autres tonnes de chlordécone ont ensuite été produites au Brésil. Or, 300 tonnes seulement ont été utilisées aux Antilles. Le reste a été exporté dans d'autres régions du monde, en particulier dans l'ancienne Allemagne de l'Est (RDA), en Pologne, peut-être en Ukraine. Le pesticide a également été utilisé au Cameroun et en Côte d'Ivoire.

"On pourrait potentiellement se trouver en présence d'un problème sanitaire et environnemental de dimension mondiale, qui devrait envoyer à une coopération internationale", écrivent les auteurs. Le chlordécone n'étant plus produite ni utilisée aujourd'hui, ses résidus ne sont plus recherchés. Une enquête sur les zones d'épandage dans le monde est pourtant impérative, selon les rapporteurs.

CANCER DE LA PROSTATE

Les effets sanitaires d'une exposition à de faibles doses de produit - par l'alimentation et l'eau potable - ont été dénoncés par le cancérologue Dominique Belpomme, dans un rapport publié en septembre 2007. Il mettait en lien la pollution et l'augmentation des cancers de la prostate aux Antilles. Les auteurs contestent ces résultats, qualifiant de "peu solides" les méthodes de M. Belpomme. Cependant, ils n'écartent pas le risque sanitaire. "L'occurrence du cancer de la prostate est très marquée ethniquement (...), mais cette prévalence chez certaines populations n'exclut pas que l'exposition aux pesticides puisse être un facteur aggravant", écrivent-ils, renvoyant à plusieurs études épidémiologiques dont les résultats seront connus prochainement.

La chlordécone pose un problème particulier du fait de sa persistance dans l'environnement. La molécule, très stable, peut rester présente dans les sols entre un et sept siècles, et continuer à transiter vers les produits cultivés. Les sédiments servent aussi de vecteur de contamination des eaux de rivière, puis des milieux marins. Le polluant s'accumule dans les graisses et se concentre dans la chaîne alimentaire, "en particulier les milieux aquatiques".

Or, les auteurs relèvent que la contamination potentielle des poissons et des crustacés a été oubliée dans le plan élaboré en 2008 pour limiter l'exposition de la population antillaise - un plan jugé efficace, en revanche, concernant les fruits et les légumes. Les rapporteurs jugent "urgent" de localiser la pollution des milieux marins et de multiplier les analyses sur les produits de la mer, très consommés aux Antilles.

Ils soulignent aussi l'absence de connaissance sur la contamination des eaux fluviales et souterraines. La cartographie des terres polluées (plus d'un quart des zones agricoles des deux îles) avance en outre trop lentement. Les auteurs recommandent de rechercher des méthodes d'analyse "plus fiables, plus rapides et moins coûteuses".


Gaëlle Dupont
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 17:19

Une étude scientifique montre un lien possible entre l’exposition à certains pesticides et le cancer de la prostate aux Antilles !

Les scientifiques de l’équipe du Professeur Belpomme ont conduit une étude multifactorielle en Martinique et en Guadeloupe afin d’élucider les causes de la prévalence particulièrement élevée du cancer de la prostate dans ces îles (une des plus élevée du monde).

L’étude, publiée dans le dernier numéro de la revue scientifique ’International Journal of Oncology’, montre que les courbes d’augmentation des cas de cancer de la prostate divergent entre la France métropolitaine et les Antilles françaises depuis l’année 1983.

Pour les auteurs, le fait que ces courbes ne soient pas parallèles suggère que, bien qu’il existe une certaine sensibilité génétique propre aux populations des caraïbes, ce facteur seul ne peut pas expliquer cette augmentation de l’incidence des cas de cancer de la prostate dans ces deux îles. L’étude montre par ailleurs clairement que la pollution des eaux est liée avec les zones de culture de la banane et que la population générale étudiée au milieu des années 1970 était contaminée par des niveaux extrêmement élevés de pesticides POPs comme le DDT, le HCH, l’aldrin ou la dieldrine. L’étude conclut que l’incidence grandissante des cas de cancer de la prostate en Martinique et Guadeloupe ne peut pas être liée à une modification des facteurs ethnographiques ou a un changement dans les modes de vie et suggère que des facteurs environnementaux, comme l’exposition intense et prolongée à des pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques peut causer le cancer de la prostate et que cette exposition pourrait être impliquée dans la croissance dramatique de l’incidence du cancer de la prostate en Martinique et Guadeloupe.

Le MDRGF salue cette nouvelle publication et appelle le gouvernement à tout mettre en oeuvre protéger les populations antillaises des sources de pollution par les pesticides encore présentes dans les eaux et dans les sols contaminés par des décennies d’agriculture ultra-intensive. De plus le MDRGF souligne l’urgence d’une réorientation des politiques agricoler locales vers des formes d’agriculture biologique ou de production intégrée, réduisant totalement ou fortement l’usage des pesticides.

Pour avoir accès à l’étude complète :

“Prostate cancer as an environmental disease : An ecological study in the French Caribbean islands, Martinique and Guadeloupe”

D. Belpomme, P. Irigaray, M. Ossondo, D. Vacque, M. Martin International Journal of Oncology Volume 34 Number 4. 1037-1044. Avril 2009

http://www.spandidos-publications.com/ijo/34/4/1037

Publié dans : Chlordecone
Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 22:58
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