Energie

CAP21 regrette la gestion erratique et contre-productive du dossier de la taxe carbone par le gouvernement.

L’absence de pédagogie et les déclarations contradictoires ont contribué à instaurer un climat de méfiance dans l’opinion publique qui la considère comme un impôt supplémentaire.

Pour Eric Delhaye, président délégué de CAP21, le gouvernement risque de commettre une erreur historique alors qu’il avait les moyens de mettre en œuvre une réforme ambitieuse de la fiscalité qui taxe la pollution plutôt que le travail.

Pour Corinne Lepage présidente de CAP21 et vice-présidente du Mouvement Démocrate, la taxe carbone doit servir à décourager les comportements contre productifs, à investir dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies du futur et à lutter contre la précarité dont souffrent de nombreux ménages. C’est le sens que doit prendre une véritable fiscalité écologique qui trouverait sa compensation dans une baisse généralisée des charges qui pèsent sur le travail.

Laisser croire qu’il suffirait de quelques modifications sur les systèmes dominants actuels pour répondre à la crise est un mensonge destructeur. Nous devons réconcilier l’économie et l’emploi, par l’écologie.

L’internalisation des coûts externes permettant de parvenir progressivement à une vérité écologique des prix, la généralisation du principe pollueur/payeur y compris au domaine social, et enfin le changement de base comptable et d’indicateurs sont indispensables pour fonder le nouveau développement.

CAP21 attend désormais les arbitrages du Président de la République en espérant un peu plus de cohérence entre le discours et l’action !

Article paru dans Les Echos le 1er juillet 2009 : http://www.lesechos.fr/info/france/4882288--s-y-mettre-le-plus-tot-possible-.htm

Ancienne ministre de l'Environnement (dans le gouvernement Juppé), candidate à la présidentielle de 2002, Corinne Lepage est députée européenne et vice-présidente du Modem de François Bayrou.

Faut-il mettre en place la taxe carbone dès 2010 ou est-il préférable d'attendre, pour faire les choses bien ?

Il faut s'y mettre le plus tôt possible, dès 2010. Parce que les difficultés techniques à mettre en oeuvre la taxe carbone seront tout aussi fortes en 2011, 2012 ou 2013. Parce que l'instaurer va donner un signal prix extrêmement fort permettant de rentabiliser toute une série d'activités économiques et donc de relancer l'activité vers les secteurs du XXIe siècle. Et, enfin, parce que, dans les autres pays européens, la réflexion est relancée. Certains ont déjà une taxe carbone. D'autres, comme la Belgique, réfléchissent à la manière de réaffecter la rente nucléaire en faveur des consommateurs et des énergies renou- velables.

Mais c'est techniquement très compliqué...

C'est vrai. Mais même si on ne peut pas tout faire tout de suite, on pourrait au moins mettre en place la taxe carbone sur certains secteurs. A commencer par le secteur pétrolier. Il faut lancer le mouvement et donner une visibilité à toutes les démarches industrielles qui se mettent en place, que ce soit dans le domaine de l'efficacité énergétique (diminution des émissions) ou dans celui des énergies alternatives (pas d'émissions). Plus on s'approchera de la présidentielle, moins cela apparaîtra comme une nécessité et plus ce sera difficile.

Faut-il taxer l'électricité ?

Oui. Il faut être cohérent et impérativement encourager la baisse de la consommation électrique, qui est une consommation énergétique. Il est aussi indispensable, puisqu'on entre dans un système de vérité écologique des prix, d'entrer dans un système de vérité écologique du nucléaire. Cela veut dire que, quelque part, il faut que le nucléaire, qui n'est pas une énergie propre, paye pour les rejets des déchets qu'il génère. Pourquoi pas une étiquette « rejets et déchets radioactifs » sur les produits, comme il y en aura sur le CO2 ?

L'argent dégagé devrait-il servir à compenser la taxe professionnelle ou faut-il le reverser aux Français et aux entreprises ?

On pourrait aussi en reverser une partie aux collectivités locales, les plus gênées par la suppression de la taxe professionnelle. Moi, je pense surtout qu'il faudra l'affecter à la reconversion industrielle, à la recherche-développement et à la création d'entreprises, surtout les PME, dans le domaine de l'économie verte.

Aider à la reconversion industrielle et développer les nouvelles activités économiques est un besoin impératif. Or, aujourd'hui, on manque d'argent pour le faire.

Article Agence Tahiti Presse

L'administrateur d'Etat des Tuamotu Gambier, Frédéric Salvage et le ministre des Grands travaux, de l'énergie et des mines, James Salmon, ont eu l'occasion d'aborder, vendredi, le développement des énergies renouvelables dans les atolls éloignés des Tuamotu, indique un communiqué du ministère. Celui-ci annonce ainsi la mise en place d'un programme photovoltaïque – partie " site isolé " et la construction ou la réhabilitation d'un réseau de distribution sur les atolls de Ahe, Napuka et Fakahina.

Le programme photovoltaïque de la Polynésie française – partie "site isolé", s'appuyant sur l'utilisation de générateurs solaires photovoltaïques, a pour but de fournir de l'électricité à des populations qui vivent dans des sites isolés, hors des réseaux publics de distribution. Grâce à ce programme cofinancé par le Pays et l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME), ce sont aujourd'hui plus de 1300 foyers, représentant près de 6500 personnes, qui bénéficient du confort de l'électricité dans des sites isolés. Pour la tranche 2009, une nouvelle enveloppe de 90 millions de F sera mise en oeuvre pour la poursuite du programme qui devrait permettre d'équiper environ 70 nouveaux foyers isolés dans les îles.

Programme TEP Verte

Par ailleurs, pour les sites où la population est regroupée en petits villages de moins d'une centaine d'habitations, le Pays souhaite implanter des centrales hybrides photovoltaïques pour assurer un service de distribution publique d'électricité en alimentant un mini-réseau villageois. La réalisation de cet objectif s'effectuera en partenariat avec l'Union Européenne (programme TEP verte) et l'Etat qui apporteront respectivement des cofinancements au titre du Fonds Européen de Développement (9ème FED) et du Fonds Exceptionnel d'Investissement (FEI).

Il s'agit d'un programme de 240 millions de Fcfp permettant la réalisation de centrales hybrides avec la construction ou la réhabilitation d'un réseau de distribution sur les atolls de Ahe, Napuka et Fakahina. Ce programme permettra le raccordement d'un total de 210 foyers. Typiquement, ces centrales hybrides comporteront une installation photovoltaïque de 90 à 120 kWc couplée à des groupes thermiques de puissance équivalente.

Article paru sur le site www.clicanoo.com, le 24 juillet 2008 :

C’est désormais officiel. Le permis de construire a été accordé mardi par la préfecture de la Réunion à SIIF énergie Outre Mer, filiale d’EDF Energie Nouvelle, pour la construction de deux fermes solaires à Sainte-Rose. Les travaux débuteront avant la fin août.

Un permis sans restriction de puissance. Si, au final, la centrale affichera 15,3 MWc, contre les 18 MWc prévu, la baisse est du fait de la SIIF, pour des raisons d’espace et de configuration des lieux. Dans un communiqué destiné au milieu boursier, la filiale d’énergies renouvelables d’EDF souligne que cet ensemble photovoltaïque (notre édition du 18 juillet dernier), le plus puissant actuellement autorisé en France, “verra sa construction débuter dans les prochaines semaines et sa mise en service intervenir en plusieurs étapes à compter de la fin 2008”.

L’installation fournira au réseau l’équivalent de la consommation annuelle de 23 700 habitants, grâce à l’implantation de quelque 100 000 panneaux photovoltaïques fabriqués par la société française Photowatt, à une encablure de la ferme éolienne du Chemin la Caisse, également propriété de la SIIF énergies Outre-mer. Selon la société, la centrale permettra d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 13 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des rejets de plus de 5 000 véhicules.

“EDF Énergies Nouvelles définit le développement de sa filière photovoltaïque comme son deuxième axe prioritaire après l’éolien”, conclut le communiqué. Les choses devraient désormais évoluer rapidement, avec un début des travaux annoncés d’ici à la fin du mois d’août par le président d’Energy Océan Indien, Jean-Christophe Kerdelhué, monteur du projet pour le compte de la SIIF. Pour cette dernière, la centrale représente un investissement de 80 millions d’euros. Une trentaine d’hectares ont été loués à deux agriculteurs de Sainte-Rose pour une durée de vingt ans. Pour rappel, la société s’est engagée auprès de l’État à compenser ce foncier agricole par la remise en culture de terres en friche, à tonnage égale. Un investissement de 300 000 euros pour la société spécialisée dans le développement des énergies renouvelables.

Un accord précurseur : le protocole d’accord signé le 9 juillet dernier par l’ensemble des partenaires stipulant que chaque hectare à valeur agricole pris sera compensé, dans une limite de 50 ha les trois premières années, de 250 ha d’ici à 2030 (notre édition du 19 juillet dernier). Une fois terminée, la centrale permettra de tripler la production photovoltaïque de la Réunion. En attendant l’émergence d’autres gros projets annoncés aux quatre coins de l’île…

P.M.

 

Les arguments consistant à dire que le nucléaire est une réponse à l'après-pétrole ou au réchauffement planétaire sont inconsistants.

Les élites politiques actuelles sont d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable en se servant de l'environnement comme d'un alibi. Qu'ils aient au moins l'honnêteté de reconnaître que le choix du nucléaire est purement politique, qu'il relève d'un choix de politique industrielle dans le but de préserver le leadership de notre filière. On aura ainsi un débat plus clair.

Avec sa précision habituelle, Dominique Bied nous fait la démonstration de l'incongruïté de se reposer sur le nucléaire pour satisfaire nos besoins en énergie tout en luttant contre le réchauffement climatique.
Je vous invite à  lire l'ensemble de son argumentaire sur le blog Cap21 transport durable et urbanisme

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