Jeudi 2 avril 2009
Aujourd'hui, France Nature Environnement communique sur l'ineptie du lancement du carburant SP95-E10.
Alors que certaines personnes sont favorables à une production d'agrocarburants dans les DOM-TOM, nous profitons de l'occasion pour rappeler que toute production se fait au détriment d'une production vivrière, et ce d'autant plus fortement que l'espace agricole est réduit en Outre-Mer.
Aussi, nous continuons à argumenter que le meilleur moyen pour diminuer la facture et la dépendance pétrolière, reste de diminuer la consommation globale de produits pétroliers.


Agrocarburant E 10 : une arnaque pour le consommateur et pour l’environnement

A compter du 1er avril, les automobilistes pourront se servir en SP 95 – E 10 : en pleine semaine du développement durable,le sommet du greenwashing est atteint !

E10 : un carburant pas vert et à côté de ses pompes !

Malgré la multiplication des rapports (FAO, OCDE, Commission européenne..) sur les dangers des agrocarburants, la France a choisi de prendre de l’avance sur les objectifs européens en distribuant un carburant que l’Allemagne vient d’interdire.

Pour Sébastien Genest, président de FNE : « L’E 10 n’a rien de bio ! Les sénateurs viennent d’ailleurs d’inscrire dans la loi l’expression « agrocarburant » en lieu et place de « biocarburant ». Utiliser des plantes alimentaires pour remplir l’estomac des voitures, plutôt que celui des Hommes ne permet pas de répondre aux dérives de l’agriculture intensive et à la faim dans le monde… »

E 10 : un mauvais poisson d’avril


Arnaud Gossement, porte-parole de FNE ajoute : « En pleine semaine du développement durable, autoriser l’E10 un 1er avril relève d’une mauvaise blague. L’E 10 n’est bon ni pour la planète, ni pour le portefeuille. L’ E10 coûtera sans doute le même prix que le SP 95 actuel mais il en faudra davantage pour rouler autant… En réalité, l’E 10 est une offre inutile à une demande inexistante, le tout pour un résultat négatif ».

Le développement des agrocarburants pose un problème éthique majeur : un plein de 4x4, c’est 250 kg de céréales, soit la ration d’un homme pendant un an. France Nature Environnement rappelle que plus de 850 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim.

Voir le dossier FNE sur les agrocarburants : http://www.fne.asso.fr/fr/themes/sub-category.html?cid=11

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Mercredi 25 avril 2007
Le Conseil Général de Guadeloupe vient de commencer à mettre en place et ce pendant encore tout l'été le système de billeterie prévu dans le cadre de l'amélioration des transports en commun.
Ce système, somme toute très classique dans les autres régions de France, permettra notamment un transport par système de carte.

Il est indéniable que cela améliorera grandement la simplicité de l'acte de paiement, et sans nul doute diminuera les temps d'arrêt lié au paiement des trajets. Mais ces gains de temps resteront néanmoins marginaux par rapport à la durée globale d'un parcours.
Autrement dit, je ne suis pas convaincu que cela suscite un intérêt nouveau pour le transport en commun, intérêt que seules des fréquences de passage accrues pourraient dans un premier temps ressusciter !
Mais pour cela il faudrait que le Conseil Général choisisse réellement de mettre la main à la poche, et affecte ses recettes de taxe sur les carburants à ce pour quoi la loi l'avaient prévu.
Par Benoit Chauvin - Publié dans : transports
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Mercredi 28 février 2007
La Région, lors du vote du budget 2007, hier soir, a décidé de diminuer de 8ct le prix du carburant (6,89 cts de Taxe sur les Carburants et 1,11 ct d'octroi de mer).

Cette décision, si elle est louable du point de vue du budget des ménages, ne l'est pas de celui de l'environnement.

Tout d'abord, juridiquement, cette taxe sur les carburants, percue par la Région, le département et les communes, a pour objet de financer des travaux d'amélioration du réseau routier ou des actions en matière de transport en commun et d'environnement. Or, avec 65 M€ de prévus de taxe sur les carburants pour 2007 (une fois la réduction de 8cts en place) + 5,7 M€ de dotation compensatrice de l'Etat pour le budget routes, soit un total de 70,7 M€, on est loin des 37,7 M€ budgetés pour le poste transport-routes. Même en y ajoutant ce qui est prévu pour l'environnement -17 M€- il reste un solde de  16 M€ de "trop perçu" de Taxe sur les carburants, qui est du coup affecté au budget général, contrairement à l'esprit de la loi.
M.Lurel, pour être dans l'esprit de la loi, vous devriez donc soit augmenter les efforts de la région en matière de transport, soit diminuer encore de 8 à 10 cts la taxe sur les carburants.

Sur le plan de l'environnement, cette diminution va à l'encontre d'une baisse de la consommation, souhaitable pour l'économie guadeloupéenne et surtout pour le réchauffement climatique.
L'an dernier, la Région Guadeloupe s'est faite l'apôtre du développement durable, du respect de l'environnement, etc... et aujourd'hui vous choissisez de diminuer très nettement la taxe sur l'essence pour des raisons purement électoralistes.

Si l'enjeu du développement durable était pour vous une priorité, vous n'auriez pas donné à la population un signal trompeur sur le sens de votre action en la matière. Il aurait été plus astucieux, à coût identique pour la collectivité, de financer des investissements pour les entreprises de transports en commun, ou à la rigueur, de distribuer à chaque famille guadeloupéenne un chèque correspondant au rabais de 8 cts que vous proposez aujourd'hui !
14 M€ d'euros d'économies sur la TSC, cela représente 30€ par an et par habitant, soit 120€ pour une famille de 4 personnes. Cette famille aurait alors eu le choix soit d'acheter de l'essence avec, soit de l'utiliser pour d'autres usages. L'impact sur le pouvoir d'achat des Guadeloupéens aurait été identique, mais l'impact sur l'environnement aurait été positif.

M.Lurel, la taxe sur les carburants ne doit pas être l'instrument d'une politique à court terme. Elle relève d'une logique environnementale de long terme et doit servir à donner aux citoyens les bons indicateurs pour guider leur action quotidienne. Arrêtons de jouer au yoyo avec la taxe sur les carburants !


Par Benoit Chauvin - Publié dans : transports
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Vendredi 17 novembre 2006
D'après DomActu (http://www.domactu.com/actualite/l-ethanol-comme-carburant-_6640864378.aspx) le comité de pilotage sur les biocarburants initié par la Région Guadeloupe en 2005 lance l'étude de faisabilité de l'utilisation de l'éthanol comme carburant en Guadeloupe.

"Après deux années de travaux Les objectifs de cette étude seront présentés au comité de pilotage élargi aux acteurs de la filière canne, à l'UDE-MEDEF, aux concessionnaires automobiles, à la CCI, ainsi qu'au syndicat des exploitants de station tout se petit monde se réunit ce vendredi à la DRIRE à Jarry.

Cette étude de faisabilité d'une filière éthanol-biocarburants en Guadeloupe entre dans le cadre du programme régional de maîtrise de l'énergie 2005. Elle doit durer 6 mois.

A terme elle permettra d'identifier les problématiques liées au coût de production et aux quantités à produire, à la fiscalité, aux conditions de stockage de l'éthanol, et aux types de véhicules consommateurs de ce biocarburant."


Cap21 Guadeloupe est favorable au développement de la production d'éthanol à partir de canne, le bilan énergétique global étant positif.
Cela étant dit, il convient de modérer le potentiel qui peut être donné à ce débouché :
 la fabrication d'éthanol à partir de la quantité de bagasse actuellement produite (15000t) aboutirait à remplacer 4%  de la consommation totale d'essence du département. Si on considère que la moitié des véhicules sont diesel et l'autre essence, cela signifie que l'éthanol de canne répondrait à uniquement 2% des besoins. Ce n'est ni plus ni moins que l'équivalent d'une année de hausse de la consommation !!!

Aussi, cette solution, si elle est bienvenue, ne doit pas faire illusion sur la nécessité de réduire par ailleurs fortement la consommation de pétrole, notamment en développant une offre de transports en commun plus étoffée qu'elle ne le sera après la réforme en cours, en mettant en place des plans de déplacement d'entreprise, en favorisant le commerce de proximité.

 
Par Benoit Chauvin - Publié dans : transports
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Mercredi 25 octobre 2006

Dans un communiqué de presse du 23 octobre 2006, Cap21 affirme son soutien à l'expérimentation des huiles végétales pures, que l'on peut appliquer également en Outre-Mer, à quelques modifications près :

Biocarburants : CAP 21 soutient l’expérimentation des huiles végétales pures

 
Le plan biocarburants 2005-2010 du gouvernement fait l’impasse sur la filière des Huiles Végétales Pures en la confinant dans la niche de la seule utilisation agricole.

Cette position n’a aujourd’hui aucun sens car les exploitations agricoles n’ont aucune rentabilité économique à produire des huiles végétales pures comme substitut du gazole agricole détaxé. Le prix de revient d’huiles fabriquées à partir d’une pression à froid de graines de tournesol ou de colza est en effet de 80 centimes d’euros au litre contre 60 centimes au litre pour le diesel agricole.

Pour CAP 21, parti écologiste présidé par Corinne LEPAGE, il est temps que la France prenne le virage législatif et fiscal nécessaire au développement des huiles végétales pures pour plusieurs raisons :

Cette filière présente les meilleurs rendements en matière de production d’énergie (une tonne équivalent pétrole en production permettent de fabriquer 7 tonnes équivalent pétrole) et d’émission de gaz à effet de serre.
Elle permet de produire des tourteaux gras destinés à l’alimentation du bétail et de réduire ainsi les importations (75 à 80 % des protéines végétales destinées au bétail sont importées par la France) tout en ayant une garantie plus importante sur la qualité du produit (absence d’OGM….).

La culture du tournesol n’est pas irriguée et ne nécessite que très peu d’intrants (nitrates, pesticides) et présente donc un écobilan assez favorable.

Utilisée en Allemagne, Belgique, Danemark, Irlande, Portugal, Suisse, la filière courte des Huiles Végétales Pures offre à l’agriculture de nouvelles perspectives de débouchés et revenus et contribue à une plus grande valeur ajoutée et à de l’emploi en zone rurale.

Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21 demande donc à ce que la France lance en 2007 une vaste campagne d’expérimentation des Huiles Végétales Pures sur les flottes de véhicules des services publics (collectivités locales, services de l’Etat) de manière à alimenter par le retour d’expériences la production d’une norme européenne qui fournira un cadre et les garanties nécessaires au développement de la filière en direction des particuliers.

Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21

 

Evidement, le problème se pose un peu différemment pour l'Outre-Mer, tant sur le choix des cultures que sur l'opportunité de développer les biocarburants.

Pour la production d'éthanol, biocarburant visant à remplacer l'essence, la betterave est remplacée par la canne à sucre, qui affiche un rendement énergétique positif (alors que pour la betterave, il faut environ 1 l de pétrole pour produire 1 l d'éthanol, sans compter la mise à disposition des sols, l'usage de pesticides et d'engrais). Donc, oui, l'Outre-Mer gagne à produire de l'éthanol, notamment à partir des résidus de bagasse inutilisée.

Pour la production d'huiles végétales pures, le tournesol est difficilement envisageable ici, mais il peut être avantageusement remplacé par de l'arachide. Et là, la logique est la même qu'au niveau national : culture de substitution à d'autres secteurs en difficulté, emploi local, diminution des émissions de gaz à effet de serre, meilleure indépendance énergétique et maintien du pouvoir d'achat au niveau local. Bref, beaucoup d'avantages !!

Par Benoit Chauvin - Publié dans : transports
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