Coraux

La situation des récifs coralliens dans le monde ne s'améliore pas, bien au contraire, comme le relate l'article ci-dessous réalisé et paru sur www.actu-environnement.com . Nous ne manquerons pas de vous communiquer le lien vers le rapport mentionné plus bas, dès sa publication.


Les récifs coralliens toujours menacés de disparition en raison du changement climatique

Alors que s'ouvre l'Année internationale des récifs coralliens, l'UNESCO alerte de la disparition de ces récifs notamment dans les Caraïbes, en raison du changement climatique qui est responsable du blanchissement des coraux.

L'Année internationale des récifs coralliens a été lancée le 24 janvier 2008 à l'occasion de la conférence de l'Initiative internationale sur les récifs coralliens (Icri) qui s'est tenue à Washington. Cette campagne mondiale de protection et de sensibilisation sur les récifs coralliens coïncide avec la publication d'un rapport scientifique, présenté par l'UNESCO le 28 janvier, qui traite du grave blanchissement qui a touché les coraux des Caraïbes en 2005.

Les récifs coralliens sont menacés de disparition, notamment dans les Caraïbes, en raison du changement climatique, des ouragans, de la pollution ou de la surpêche, a prévenu l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Près de 500 millions de personnes au niveau mondial dépendraient de récifs coralliens en bonne santé pour leur subsistance, la protection des côtes, les ressources renouvelables et le tourisme. Les récifs constituent des barrières naturelles protégeant les côtes des cyclones et des tsunamis comme l'avait démontré l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), suite au tsunamis de l'Océan Indien de 2004. Environ 30 millions de personnes - parmi les plus pauvres du monde - dépendent entièrement des récifs pour leur nourriture, rappelle l'UNESCO.

Près des deux tiers des récifs coralliens, qui sont des écosystèmes fragiles, seraient menacés par l'impact du développement économique et du climat. Ils sont en effet exposés aux pressions exercées par l'activité humaine telles que la surpêche, les sédiments liés à la déforestation, les rejets d'engrais et de produits chimiques.

Le blanchissement du corail lié au réchauffement climatique et l’acidité des mers due à l'augmentation des émissions de CO2 sont également responsables de leur disparition. C'est ce que démontre le rapport intitulé ''Le statut des récifs coralliens des Caraïbes après le blanchiment et les ouragans de 2005'' présenté par l'UNESCO. Ce rapport, soutenu par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'organisation, a été réalisé par 80 scientifiques et gestionnaires de récifs coralliens, et doit être publié le 4 février.

Le blanchissement se produit quand les coraux, stressés par l'augmentation de la température de l'eau, expulsent les algues microscopiques avec lesquelles ils vivent en symbiose, les zooxanthelles. Ce sont elles qui fournissent aux coraux leur nourriture et donnent leurs couleurs à leur squelette calcaire. Si les zooxanthelles ne retournent pas dans le tissu corallien, le corail meurt.

D'après ce rapport, l'année 2005, qui fut l'une des années les plus chaudes enregistrées depuis 1880, a été marquée par 26 tempêtes majeures dont 13 ouragans responsables d'un blanchiment corallien très important. Et ce jusqu'à 95% dans plusieurs îles comme les Iles Caïmans, la Jamaïque, Cuba et les Antilles françaises, souligne l'UNESCO. Rappelons que sur l'ensemble des DOM-TOM, les surfaces récifo-lagonaires couvrent environ 55.000 km2 soit 10% de la surface mondiale de récifs. La Polynésie regroupe près de 20% des atolls coralliens du monde et la Nouvelle-Calédonie possède la seconde plus grande barrière récifale.

Les Caraïbes qui comptent 10,3 % des récifs de la planète, ont été fortement touchées en 2005. Au cours des 50 dernières années, de nombreux récifs des Caraïbes ont perdu jusqu’à 80 % de leur couverture corallienne, souligne l'UNESCO. Une perte qui pourrait coûter chaque année 140 à 420 millions de dollars à la région, selon l'Institut mondial de ressources Reefs@Risk.

D'après ce rapport, la seule façon de maintenir du corail vivant dans les récifs du monde serait de contrôler le réchauffement en réduisant de manière draconienne les émissions de gaz à effet de serre dans les 20 prochaines années et de gérer soigneusement les agressions directes comme la pollution, la pêche et les développements côtiers dommageables. Rappelons que le tourisme et les produits de la pêche liés aux récifs coralliens des Caraïbes génèrent chaque année un montant de 4,6 milliards de dollars.

Selon les estimations des scientifiques, la planète aurait déjà perdu près de 30 % de ses récifs de coraux. D'après le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), une augmentation de la température moyenne du globe de 2° C aboutirait à un blanchissement généralisé des coraux au niveau mondial.

R. BOUGHRIET

L'IRD et l'université d'Auckland ont dressé un bilan de la protection des 527000 km2 de récifs coralliens au niveau mondial (soit la surface de la France entière). Non seulement la surface protégée est insuffisante par rapport aux objectifs, la répartition de ces protections est pas assez bien répartie entre toutes les zones récifales, mais surtout la taille des Aires Marines de Protégées sont le plus souvent trop petites et trop éparses, ce qui ne permet pas de maintenir la capacité de régénération de ces récifs en cas de choc.
Les chercheurs en viennent à préconiser la mise en place d'un réseau d'AMD proches les unes des autres et d'une superficie minimale de 10km2, pour permettre notamment aux poissons de ces récifs, mobiles, de jouer pleinement leur rôle clef dans la régénération des coraux.

Voici l'article paru dans Actu-environnement : http://www.actu-environnement.com/ae/news/1893.php4

La protection des récifs coralliens est inégale à l’échelle mondiale


 

Des travaux de l’université d’Auckland et de l’IRD montrent que seulement 2% des récifs coralliens se situent dans des lieux qui répondent aux exigences de protection. L’étude met en cause le réseau des aires marines protégées.

Les coraux résultent de la symbiose de petits animaux, les polypes, et d'algues. Ils fixent du calcaire, formant ainsi d'immenses colonies qui comptent aujourd’hui parmi les écosystèmes les plus menacés au monde. Les principales menaces auxquelles ils sont exposés relèvent du changement climatique (blanchiment des coraux, élévation du niveau de CO2), des pressions exercées directement par l'homme (surpêche, sédiments liés à la déforestation, rejets d'engrais et de produits chimiques) et de la dimension humaine de façon plus générale (pauvreté croissante et démographie, manque de moyens de gestion de certains pays, faible volonté politique). Or, ces récifs sont précieux et abritent une biodiversité unique. La pêche y est fructueuse et représente un apport essentiel aux habitants vivant à proximité. De surcroît, les récifs constituent des barrières naturelles protégeant les côtes des cyclones et des tsunamis comme l’a démontré l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) suite au tsunamis de l’Océan Indien de 2004. C’est pourquoi, ils font l’objet d’une protection à travers les Aires Marines Protégées (AMP) qui visent à limiter l’impact des activités humaines.

Alors que l’efficacité de ces zones protégées pour la conservation de la biodiversité corallienne fait l’objet de nombreuses études spécifiques au niveau local, l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, avec l’aide de plusieurs institutions internationales, s’est penchée sur la situation au niveau mondial. Elle a donc réalisé une étude dont les résultats ont été publiés dans le magazine Science afin de vérifier que les objectifs de conservation émis par les instances internationales qui exigent 20 à 30% des récifs mondiaux sous protection en 2012, soient bien respectés et justifiés.
Pour cela, des bases de données à grande échelle ont été constituées : répartition géographique et efficacité des AMP, étendue des récifs coralliens… Au total ce sont plus de 980 aires marines protégées qui ont ainsi été répertoriées, classifiées et étudiées. Au regard des premiers résultats, il apparaît que ces AMP couvrent 98.650 km2 de récifs coralliens soit 18,7% de la superficie totale des habitats récifaux.
Cette base de donnée prend également en compte divers types d’espaces protégés, selon les objectifs et les procédures de gestion qui leur sont associés. Ainsi, sur l’ensemble des récifs coralliens du monde soit environ 527.000 km2, 5,3 % sont situés dans des réserves marines où la pêche est autorisée, 12 % dans des réserves polyvalentes acceptant la pêche, les activités récréatives et la recherche, et 1,4 % seulement dans des réserves strictes où tout prélèvement est interdit.
Par ailleurs, en considérant le taux de braconnage comme un indicateur indirect de la gestion de ces aires marines, les chercheurs constatent que sur les 1,6 % des récifs coralliens dans le monde théoriquement protégés contre toutes activités illicites, moins de 0,1 % sont réellement exempts de toute exploitation.

L’étude révèle également que l’efficacité des mesures de gestion varie d’un pays à l’autre, mais elle est particulièrement faible pour des zones à forte diversité corallienne comme la région Indo-Pacifique ou les Caraïbes. En Australie, 69 % des récifs coralliens sont strictement préservés contre 7 % dans le Pacifique central et l’Océan Indien ouest et seulement 2 % dans l’Océan Indien central.

En étudiant plus précisément la taille des aires marines protégées, les chercheurs ont démontré leur inadéquation. Il est maintenant établi que la capacité des coraux à revenir à un état initial après une perturbation des récifs coralliens dépend de l’organisation de l’écosystème, par exemple la présence de poissons herbivores et de leurs prédateurs. La mise en réserve protège localement les organismes marins de la pression de pêche. Cependant, ces populations sont souvent caractérisées par des mouvements migratoires qui exposent juvéniles et adultes au risque de pêche hors des limites des réserves. Certains poissons ont parfois des territoires de plusieurs kilomètres carrés. Des réserves d’une superficie inférieure à 1 ou 2 km2 (soit 40% des AMP) ne peuvent donc prétendre exercer une protection suffisante pour plusieurs groupes fonctionnels clés. Ainsi les chercheurs préconisent une taille critique minimum de l’ordre de 10 km2.
Compte tenu de ces critères de taille et d’isolement des AMP ainsi que de la répartition des récifs coralliens dans le monde, la constitution d’un réseau d’aires marines protégées, qui comporterait des réserves de 10 km2 chacune, distante d’une quinzaine de kilomètres, impliquerait la création de plus de 2.500 nouvelles AMP. Ceci correspondrait à une protection plus optimale de 25.590 km2 de récifs, soit 5 % des récifs coralliens dans le monde, ce qui reste encore loin des objectifs énoncés en 2002 lors du sommet mondial sur le développement durable : 20 à 30 % des écosystèmes majeurs à protéger d’ici 2012.

F.LABY

 

Photo DR Peu scrupuleux, des touristes rapportent ou se font expédier par colis des blocs d'«or rouge». Les saisies explosent à Orly.

Article de Jean Chichizola, paru dans le Figaro du 24 juillet


Alerte sur le corail venu des départements d'outre-mer. Menacé par les phénomènes climatiques, condamné par le réchauffement de la planète, l'or rouge est également victime d'une exportation sauvage vers la métropole depuis les Antilles, la Guyane ou la Réunion. Les douaniers s'alarment des saisies quasi quotidiennes à l'aéroport d'Orly (où est installé le centre de tri du courrier d'outre-mer) de coraux, mais aussi de coquillages précieux, envoyés dans des colis postaux.

Ce pillage met en danger un milieu particulièrement fragile. Espèce animale, le corail, s'il est dégradé, met des années à se reconstituer quand il ne disparaît pas tout simplement. Ces ravages ne sont pas l'oeuvre d'artisans véreux ou d'une mystérieuse mafia des mers chaudes. Les vrais coupables ne sont autres que les vacanciers qui viennent profiter des charmes des tropiques. Ou les habitants désireux d'envoyer à leurs familles ou à leurs amis un souvenir comme il le ferait avec une bouteille de rhum.

Alain Fillion, l'un des responsables des douanes d'Orly, constate «que les coraux ne sont souvent pas très beaux et qu'ils finissent sur une étagère ou en porte-bonheur». Les blocs massifs, comme celui de 13 kilos qui trône sur son bureau depuis 1999, demeurent l'exception.

Ces ramassages innocents ont une double conséquence : la destruction des massifs coralliens mais aussi l'encouragement à ceux qui, localement, n'hésitent pas à s'attaquer aux fonds marins pour fournir une marchandise demandée par les touristes.

Une espèce protégée par la convention de Washington

Le phénomène est loin d'être négligeable. Les douaniers de l'aéroport d'Orly ont ainsi saisi, depuis le 1er janvier 2006, 207 articles dans des colis postaux expédiés depuis l'outre-mer. En 2005, 175 coraux ont été saisis sur des passagers en provenance de l'île de la Réunion. Certains d'entre eux, aux couleurs resplendissantes, avaient visiblement été arrachés vivants. Et 206 coraux ont encore été retrouvés depuis le début de l'année, sur la même destination.

À Orly, 89 procès-verbaux ont été dressés. Le corail est en effet protégé par la convention de Washington sur les espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d'extinction. La douane rappelle régulièrement qu'il est interdit d'en prélever, dans l'eau ou sur les plages, d'en transporter ou d'en expédier sans autorisation, qu'il soit vivant ou mort. Et invite les particuliers à ne pas en acheter.

Malgré son côté voeu pieux, la requête est plutôt efficace. En 2003, les douanes avaient lancé une première alerte sur le corail de la Réunion. Très étroit, le massif corallien de l'île de l'océan Indien souffrait du prélèvement sauvage. Les saisies douanières avaient fortement baissé après ce cri d'alarme.

Selon Stéphanie Santolaria, de la Direction générale des douanes et droits indirects, «c'est bien la preuve que les particuliers n'ont pas le sentiment de porter atteinte à l'environnement ou d'encourager les pilleurs de corail. Quand ils en prennent conscience, ils changent de comportement».

Les récifs coralliens représentent l’un des types d’écosystèmes les plus menacés de la planète. Destruction directe (prélèvement de matériaux de construction, aménagement de ports...), effets des substances toxiques (métaux, hydrocarbures, polluants organiques persistants, pesticides, cyanures...), réchauffement de la planète : les activités de l’homme agressent les écosystèmes récifaux. Selon les chercheurs, 70% des récifs coralliens du monde sont soit quasi éteints, soit en danger de disparition !

Nous vous invitons à lire le dossier réalisé par le Ministère de l'Ecologie, dossier courageux car pendant ce temps-là l'Etat autorise la construction de l'usine de Goro, et les rejets en mer afférents, nuisibles aux récifs coralliens :

 lire le dossier sur www.ecologie.gouv.fr

 

 

La valeur économique et la fonction de maintien de la vie des récifs coralliens et des mangroves sont mises en relief dans un nouveau rapport du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Ces éléments naturels promeuvent le tourisme, refoulent l'érosion côtière (ils absorbent 90 pour cent de la force d'impact des vagues) et servent de pépinières aux poissons, y compris ceux qui font l'objet d'un commerce (pour aquarium).
Il y est également souligné que les conserver représente un petit prix à payer comparer aux coûts associés à leur destruction et à la substitution de leur rôle par des structures humaines.

L'étude montre à quel point les récifs coralliens et les mangroves sont en voie de disparition rapide.
Près d'un tiers des coraux ont déjà disparu et on estime une perte de 60 pour cent d'ici 2030. Plus d'un tiers des zones de mangroves ont été détruites et leur taux de perte est supérieur à celui des forêts tropicales.
Or la nature, dans laquelle les mangroves et coraux jouent un rôle majeur, génère des revenus et des modes de substances pour des millions, voir des milliards de personnes.

Avec M. Toepfer, directeur du PNUE, nous ne pouvons qu'espérer que « les réalités financières contenues dans cette étude transformeront radicalement l'attitude et le comportement des gouvernements, de l'industrie, des autorités locales et des individus, de sorte qu'ils apprécient davantage et conservent mieux ce capital naturel ; afin qu'ils réfléchissent à deux fois à la pollution, aux changements climatiques, au développement peu raisonable et à d'autres pratiques préjudiciables qui minent rapidement la base économique de tant de communautés côtières à travers le monde » 

Pour la zone caraïbe, les revenus de la pêche en milieu corallien sont estimés à 310 millions de $ par an. C'est dire l'importance économique de l'état du milieu sur ce secteur d'activité. Préserver des récifs coralliens et des mangroves de qualité sont donc indispensables pour le maintien de ce secteur d'activité, d'autant plus crucial qu'il génère de l'emploi local, une alimentation avec peu de frais de transport, donc peu génératrice de gaz à effet de serre et enfin qu'il constitue un aspect majeur des patrimoines culturels caribéens. En quelque sorte, la pêche de proximité est l'exemple même d'une activité qui s'inscrit dans le développement durable.

Pour plus d'informations, nous vous invitons à consulter l'ensemble du rapport du PNUE.

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