Mayotte

Voici l'article paru le 22 juillet sur le site www.malango-actualite.com

L'Assemblée nationale a adopté lundi 20 juillet dans la nuit le projet de loi organique sur l'évolution institutionnelle de Mayotte qui avait déjà été adopté au Sénat le 7 juillet en procédure accélérée.

Les députés français ont adopté lundi 20 juillet le projet de loi organique sur l’évolution institutionnelle de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie. Ce projet avait été adopté par les sénateur le 7 juillet et par les conseillersgénéraux de mayotte le 8 juin.

Il s'agit d'inscrire dans la loi le choix exprimé le 29 mars par 95,2% de la population de la collectivité départementale en faveur de la départementalisation. A compter de mars 2011, une nouvelle collectivité, unique, sera en vigueur à Mayotte, a confirmé la secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard.

Pour Abdoulatifou Aly, le député (MoDem) de Mayotte qui s’est exprimé lors de ce vote, il s’agit de « la fin des statuts provisoires ». « S'ouvre désormais le règne des institutions de droit commun se substituant aux habituelles dispositions spécifiques et particulières à Mayotte », s’est-il réjoui. Rappelant que « le nouveau statut institutionnel de Mayotte correspond à une collectivité sans précédent dans l'histoire de la République puisqu'elle constitue pour d'évidentes raisons d'efficacité et d'économie d'échelle une fusion, dans une seule et même entité territoriale, du régime départemental et des compétences régionales », M. Aly s’est félicité de « la création d'un « département Mouhakkaka » », c’est-à-dire d’un département « à 100% comme le souhaitent ardemment les Mahorais ».

Selon le député, « c'est le droit commun national qui s'appliquera dorénavant à Mayotte et dans tous les domaines d'activité, avec l'avantage qu'il ne s'agira guère d'assimiler notre île à la Corrèze ou à la Guyane mais plutôt d'assurer le respect de nos spécificités culturelles par le biais notamment des compétences régionales dorénavant reconnues aux autorités locales. »

M. Aly a en outre appelé à « l’égalité républicaine » et notamment « l’égalité devant l’impôt », alors que la réforme de la fiscalité est prévue en 2014 ; il a également demandé au gouvernement de multiplier ses efforts « pour rattraper le niveau des départements hexagonaux ou d'outre-mer » au niveau de la formation des jeunes Mahorais.

Au sujet du mode d’élection de la future assemblée, le député a défendu l’option de la mise en place d’une « dose de proportionnelle ». Une mission se rendra en septembre à Mayotte « pour engager la consultation des élus mahorais sur ce sujet », a répété Mme Penchard, qui l’avait déjà affirmé lors de sa première visite dans l’île aux côtés de François Fillon le 11 juillet.

article paru dans le Figaro du 28 mars 2008

Le secrétaire d'État à l'Outre-Mer ne remet pas en cause le droit du sol.

Pour son premier déplacement à Mayotte, le nouveau secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, Yves Jégo, n'aura pas eu droit à l'accueil, plus ou moins spontané, traditionnellement réservé aux cortèges ministériels par les femmes mahoraises, le long de la route de l'aéroport. Tout au plus, quelques zébus, attachés sur les bas-côtés, ont pu observer avec indifférence la scène. Mais après les émeutes, qualifiées par la presse locale de «chasse aux Blancs », qui ont embrasé l'île dans la nuit de mercredi à jeudi et qui se sont poursuivies toute la journée d'avant-hier (nos éditions d'hier), le ministre ne s'attendait pas à «une balade touristique ». Dès son arrivée, il a tenu à donner un «message d'apaisement » à la population. «Rien ne justifie d'ajouter de la violence à la violence», a-t-il déclaré, après avoir rendu une visite à l'hôpital de Mamoudzou «aux victimes de ces événements graves».

Après l'arrestation mercredi à Mayotte du colonel Mohamed Bacar, qui fuyait Anjouan après le débarquement des troupes de l'Union africaine (UA) dans son île, deux heures plus tôt, de nombreux Anjouanais, pour la plupart en situation irrégulière 1 000 à 1 500, selon la police , s'en étaient en effet pris aux M'Zungu (Blancs), accusés de protéger «le dictateur» Bacar. Des dizaines de métropolitains ont été «tabassés» et une vingtaine ont été blessés, dont un, dans un état grave, a été transféré à Saint-Denis de la Réunion. Le pire a sans doute été évité, mais le traumatisme risque de perdurer longtemps. Malgré le calme apparent qui régnait hier dans les rues de Mamoudzou, chacun reconnaissait craindre que «tout puisse redémarrer d'un coup». «Un peu à l'africaine», susurrait un policier. Pour Brigitte, conseillère conjugale à Mamoudzou depuis trois ans, la décision est prise : ce sont «les valises»…

 

Pression migratoire

Député MoDem de Mayotte, Abdoulatifou Aly parle de «traumatisme». «Oui, il y a bien eu une chasse aux Blancs, mais ce n'étaient pas des Mahorais qui l'ont faite. Au contraire, beaucoup d'entre nous avons été pris à partie par ces hordes de barbares anjouanais pour avoir tenté de défendre des Français de métropole.» «Je dirai qu'à travers ces événements, nous savons désormais quelle menace les immigrés anjouanais, qui représentent 30 % de la population de l'île, font peser sur nos têtes», explique le député.

Conscient de «cette pression migratoire inquiétante», Yves Jégo, après avoir félicité les forces de l'ordre, a promis de réfléchir à «la mise en place d'un dispositif global» pour lutter contre ce phénomène. Peu partisan d'une remise en cause du droit de sol à Mayotte, comme l'avaient suggéré deux de ses prédécesseurs, François Baroin et Christian Estrosi, il veut être «imaginatif». «Je viens sans dogmatisme, pour essayer de comprendre la situation». Tout au plus avance-t-il l'idée d'un renforcement de la coopération avec le gouvernement fédéral des Comores pour tenter de refréner l'envie de venir émigrer à Mayotte.

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