Article paru dans 20minutes.fr
Après l'échec cuisant aux
élections européennes, le parti de François Bayrou va devoir rassembler ses troupes en vue des régionales de 2010...
Après les législatives de 2007 puis les municipales de 2008, le MoDem vient d'essuyer son troisième échec, plus cinglant celui-là, aux élections européennes. L'avenir de la formation centriste de
François Bayrou, qui s'était hissée à la troisième place lors de l'élection présidentielle, apparaît compromis.
François Bayrou comptait rester en position de force en vue des régionales de 2010 puis de la présidentielle de 2012. Relégué à la quatrième place, il lui sera plus que difficile de négocier avec
le Parti socialiste et de représenter une alternative crédible au pouvoir en place.
Rassembler les troupes
Même s'il n'est pas dit que les Verts réussissent à transformer l'essai d'Europe Ecologique au niveau national, il faudra désormais compter avec la mouvance écologiste. Des alliances seront
nécessaires. Le MoDem, déjà victime d'une hémorragie à droite au profit du Nouveau centre, doit veiller à rassembler les troupes, au risque de voir certains de ses membres déserter les rangs si
rien n'est fait pour remettre l'environnement au centre des préoccupations du parti.
Corinne Lepage, présidente de Cap21 et membre du MoDem, prévient: «Si rien n'est proposé sur ce plan, ce sera l'hémorragie. Il faut que "l'évolution soutenable" soit une réponse à la crise,
notamment via les politiques publiques», explique-t-elle à 20minutes.fr. Si la députée européenne affirme qu'elle n'est pas prête à quitter le navire, elle n'oppose pas un «non» catégorique à
l'invitation d'Eva Joly de regrouper la famille écologiste. «On verra, les choses sont ouvertes.»
Une gouvernance trop personnelle
Corinne Lepage reproche notamment à François Bayrou son mode de gouvernance du parti. «Il faut un vrai fonctionnement collégial et démocratique», affirme-t-elle, critiquant à mots couverts
l'ambition uniquement présidentielle du leader centriste. Nombreux sont ceux qui lui ont reproché de faire campagne contre Nicolas Sarkozy et non pour l'Europe, la publication de son livre en mai
cristallisant ce décalage.
Jean-Luc Bennahmias, ex-Verts passé au MoDem, reproche lui aussi une campagne pas assez axée sur «les préoccupations environnementales». «Nous avons évidemment des aménagements à faire dans la
structure du MoDem, il faut que nous ayons davantage de discussions, mais ça ne change pas le fait qu'il y ait un boss», a-t-il toutefois tempéré dimanche soir.
«Il n'aurait pas dû répondre»
Jean-François Kahn se montre plus sévère à l'égard de son patron. Tête de liste MoDem dans la région Est, il a estimé dimanche soir que le parti avait payé l'«algarade» de François Bayrou avec
Daniel Cohn-Bendit: «Il n'aurait pas dû répondre.»
François Bayrou a lui-même fini par faire amende honorable après l'annonce des résultats, regrettant s'être «laissé entraîner dans une polémique excessive». Le député des Pyrénées Atlantiques
affirme qu'il «faut tirer les leçons» de ce «revers» et indique réfléchir à une «meilleure organisation» de son mouvement. Peut-être plus collective.
Dans «Le Monde» daté de mardi, Philippe Lapousterle, conseiller politique de François Bayrou, se veut optimiste: «Le vote de
dimanche ne dit rien sur la suite des échéances nationales. L'Europe est une bataille qui fait des morts provisoires. Ce n'est certes pas une bonne journée, mais elle ne condamne pas l'avenir
politique de Bayrou (...)».
Catherine Fournier
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